De retour d'un congrès à Reykjavik, j'aimerais revenir sur la critique particulièrement agaçante d'un intervenant, qui remettait en cause le concept même du brand content. La critique faite aux marques d’usurper le métier d’éditeur est relativement fréquente de la part des médias. Mais sa répétition systématique, de la part d'autorités autoproclamées, comme si le contenu était une sorte de chasse gardée dans laquelle les marques n'auraient pas leur place, m'a toujours paru suspecte. Cette accusation est souvent fondée sur l'idée qu’il y aurait en haut des gens éclairés qui savent et qui ont la responsabilité d’éduquer le petit peuple prisonnier de l'obscurantisme. C'est l'idée qu'il faut empêcher les consommateurs de se faire berner par les marques, incapables qu'ils sont de faire la différence entre une publicité dissimulée et du vrai contenu, qui me gêne véritablement. D'autant que l'expérience que je fais quasi quotidiennement dans les groupes de consommateurs, c’est que nous avons affaire à des publics matures, informés des tenants et aboutissants de la communication et du marketing. Ils savent distinguer des contenus à vocation commerciale, des contenus à vocation éditoriale, et des contenus qui mixent les deux. Evidemment, les appels au respect de la déontologie sont légitimes (je pense notamment aux contenus de marque à destination des enfants), et il faut en tenir compte. Il y a certainement des espaces à préserver de la présence des marques. Mais toutes ces préventions ne doivent pas servir d'alibi pour dénier au spectateur le droit de juger par lui-même des contenus en question. La seule condition est la nécessité de pouvoir identifier qui parle, et dans quel but. Si le consommateur a pris le pouvoir, il n’y a pas de raison que ce pouvoir ne s'exerce pas aussi sur les médias traditionnels. Les marques peuvent, dans certains cas, produire des contenus aussi attachants et valables que les médias. C'est au consommateur final d'en décider. Ce congrès a démontré une nouvelle fois que les médias classiques voient d'un mauvais oeil l'arrivée de cette concurrence. Mais il leur revient de prouver leur valeur et leur supériorité le cas échéant, car ils ne peuvent plus se contenter de la proclamer ! Retrouvez toutes les infos sur ce séminaire entreprise en Islande en suivant le lien.