Définir un indicateur de pauvreté opérationnel est une condition essentielle pour cibler et réduire le phénomène. Il existe principalement deux manières de mesurer la pauvreté : le taux de pauvreté monétaire ou le taux de pauvreté en conditions de vie. w Le taux de pauvreté monétaire mesure la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté, défini conventionnellement à 60 % du niveau de vie médian. Cette mesure est donc relative. Elle compare les revenus au sein de la population et ne rend pas compte des conditions de vie des ménages modestes. w À l’inverse, le taux de pauvreté en condition de vie mesure une pauvreté « absolue ». Elle correspond à l’image de la pauvreté communément admise, à savoir l’exclusion de pratiques et de consommations de base. En 2016, la privation matérielle concerne 11,0 % des individus vivant en ménages ordinaires en France métropolitaine. En 2004, celle-ci concernait 14,2 % des individus. Le taux de privation matérielle baisse de 2004 à 2007, passant de 13,7 % à 11,6 %. Il augmente ensuite de 2007 à 2009 (12,8 %). Puis, il baisse continûment en dehors de 2012. Les évolutions temporelles de l’indicateur de pauvreté en conditions de vie ne sont pas toujours aisées à interpréter. Cet indicateur est ainsi plus subjectif que la pauvreté monétaire. De surcroît, l’année 2008 a coïncidé avec une nouvelle formulation de 3 questions de privation influant probablement sur les résultats. La pauvreté en conditions de vie affecte davantage les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Le niveau baisse progressivement en avançant en âge suggérant un effet d’accumulation des biens et d’amélioration des revenus au cours du cycle de vie. En 2015, le niveau de privation de la France est inférieur à la moyenne européenne. Cependant, cette dernière est tirée vers le haut par les forts taux de privation matérielle enregistrés dans les pays de l’Est. En restreignant la comparaison aux pays européens économiquement les plus avancés, seuls l’Italie (22,6 %), le royaume-Uni (14,1 %), l’Espagne (17,8. %) et la belgique (11,8 6 %) affichent des taux de privation supérieurs à celui de la France (11,6 % sur le champ retenu par Eurostat).